LES SHAKERS
Les Shakers étaient une secte religieuse issue d’une scission au sein d’une communauté quaker au milieu du XVIIIe siècle à Manchester, en Angleterre. Surnommés à l’époque de manière péjorative les « Shaking Quakers » (les quakers qui tremblent) en raison des secousses passionnées qui accompagnaient leurs offices religieux, ils étaient considérés comme des radicaux, et leurs membres étaient parfois harcelés, voire emprisonnés par les Anglais. L’une de ces prisonnières, Ann Lee, fut nommée à la tête de l’Église à sa libération en 1772. Deux ans plus tard, animée par sa vision d’un sanctuaire sacré dans le Nouveau Monde, elle conduisit un petit groupe de fidèles sur les côtes américaines où ils fondèrent une colonie dans la campagne new-yorkaise.
Les Shakers étaient des pacifistes qui menaient une vie très discrète, et le nombre de leurs membres n’augmenta que modestement au cours des décennies qui suivirent leur arrivée. À leur apogée, dans les années 1830, ils comptaient quelque 6 000 membres répartis dans dix-neuf communautés situées entre le Maine et le Kentucky. Peu après la guerre de Sécession, leurs effectifs ont chuté de manière spectaculaire. Leur mode de vie marqué par une extrême simplicité et le célibat explique en grande partie ce déclin.
Aujourd’hui, il ne reste plus qu’une seule communauté shaker active, le Sabbathday Lake Shaker Village à New Gloucester, dans le Maine. Elle gère une bibliothèque shaker, un musée shaker et un site web à l’adresse www.shaker.lib.me.us.
Les Shakers étaient réputés pour leur architecture, leur artisanat, leur mobilier et, peut-être surtout, leurs chants. Les chants shakers étaient traditionnellement interprétés à l’unisson, sans accompagnement instrumental. Le chant et la danse constituaient des éléments essentiels du culte et de la vie quotidienne des Shakers. Plus de 8 000 chants répartis dans quelque 800 recueils ont été composés, pour la plupart entre les années 1830 et 1860 au sein des communautés shakers de toute la Nouvelle-Angleterre.